Histoire du safran

 

Aussi inattendu que cela puisse paraître, la Charente est une terre de safran depuis des siècles.

Lors des différentes conquêtes, les Romains puis les Maures y cultivèrent la précieuse épice pour leurs besoins respectifs. Mais tout va se jouer autour du XIV e siècle. La Charente va alors devenir incontournable dans le marché mondial du safran.

La Charente était, et est toujours, une terre agricole fertile et riche par sa diversité de terroir où peuvent s'épanouir des cultures très variées. Il se trouve que la chance accompagne les charentais : le safran s'acclimate merveilleusement bien dans nos campagnes. La Charente bénéficie d'une situation géographique naturellement tournée vers l'export.  Elle est facile d'accès par les voies terrestre qui permettent de rejoindre la capitale et les pays de l'Europe du nord, consommateurs de safran. Le fleuve Charente est facilement navigable et la proximité des ports de La Rochelle et de Bordeaux n'est pas à négliger. Le safran, principalement dédié à l'exportation, a trouvé une terre d'accueil. Sa culture va se développer et la Charente va, petit à petit, devenir un des plus grands producteurs de safran au monde, en qualité comme en quantité. Vers 1550, on estime la quantité de safran récoltée chaque année à 5 tonnes. De nombreux marchés au safran ont lieu, le plus réputé étant celui de la Rochefoucault. On peut lire dans différents écrits de l'époque que « tout bon paysan a un carré de safran dans son jardin ».

Victime de l'arrivée du blé et de la vigne, de l'exode rural et de la rigueur de l'hiver 1765, la culture du safran est progressivement tombée en désuétude au cours du XVIIIe siècle. Bien que toujours cultivée de façon marginale, le safran est peu à peu sortie des mémoires de nos campagnes pour être totalement oublié.